Configurer le monitoring de consommation : Shellies, compteurs intelligents et données d'onduleur
P1, Shelly, or inverter CT clamps, the three routes that work in Belgium
Cet article a été rédigé en anglais et traduit avec l'aide de l'IA. Lire l'original →
Le monitoring de production est ce que la plupart des propriétaires solaires mettent en place en premier, et c'est aussi ce qu'ils regardent le plus. Mais ça ne raconte que la moitié de l'histoire. Si vous savez combien vos panneaux produisent mais vous n'avez aucune idée de combien la maison consomme au même moment, vous ne pouvez rien dire de sensé sur l'autoconsommation, sur ce qui part au réseau, ou sur l'impact financier réel de votre installation.
Le monitoring de consommation comble ce trou. C'est aussi, soyons honnêtes, là où la plupart des installations s'arrêtent. Les données de production viennent intégrées avec l'onduleur ; le fabricant les donne sur un plateau. Les données de consommation demandent une décision consciente et, généralement, un petit achat supplémentaire. Cet article passe en revue les options réalistes pour monitorer la consommation électrique domestique en 2026, avec un focus sur ce qui fonctionne vraiment dans les habitations belges, françaises et néerlandaises.
Il y a essentiellement trois routes : lire les données du port P1 de votre compteur numérique, installer un Shelly ou compteur d'énergie similaire dans votre tableau électrique, ou utiliser les entrées de pinces CT sur votre onduleur. Chacune a sa place. Parcourons-les une par une.
Route 1 : le port P1 sur votre compteur numérique
C'est l'option la plus propre en Belgique et aux Pays-Bas, et ça devrait être le premier endroit où tout le monde regarde. Chaque compteur électrique numérique installé en Belgique depuis 2019 a deux ports utilisateur à l'avant : P1 pour les données formatées et lisibles à une seconde d'intervalle, et S1 pour les échantillons bruts haute fréquence. Les compteurs intelligents néerlandais (DSMR-compliant) ont le même port P1, et le Luxembourg utilise le même standard avec la complication supplémentaire que les données sont cryptées et qu'on a besoin d'une clé. En France, les compteurs Linky ont leur propre port TIC qui fonctionne sur un principe similaire mais avec un protocole différent.
Le port P1 est un connecteur RJ12 qui lit combien d'électricité votre maison importe ou exporte en ce moment, plus les totaux cumulés, plus (souvent) la consommation de gaz si vous avez un compteur commun. C'est littéralement ce que le gestionnaire de réseau lit aussi. Les données sont très granulaires (résolution d'une seconde), très fiables (provient directement du compteur, sans intermédiaire logiciel), et complètement indépendantes de votre connexion internet ou du cloud du fabricant.
Pour le lire, vous avez besoin d'un petit appareil qui se branche dans le port P1 et transmet les données à votre réseau domestique. Les plus courants en 2026 :
HomeWizard Wi-Fi P1 Meter (autour de 30 €). L'option la plus simple. Plug-and-play, configurable via app, avec une API HTTP locale plus une connexion Wi-Fi au cloud HomeWizard (que vous n'êtes pas obligé d'utiliser). L'API vous donne la puissance en temps réel, le compteur quotidien, et tous les autres champs P1. Pour Home Assistant, il y a une intégration officielle. Pour le téléversement PVOutput, il y a un add-on communautaire.
P1 Monitor de Slimme Meter Portal (autour de 40 €). Un style d'appareil un peu plus ancien, tourne sur un appareil de la taille d'un Raspberry Pi. Fonctionne bien, vibe un peu plus DIY.
Solutions DIY à base d'ESP (5 à 15 € en composants). Pour qui aime bricoler soi-même, il existe toute une communauté autour des lecteurs DSMR sur ESP8266 et ESP32. Le prix est bas, la flexibilité est haute, ça demande quelques heures de bricolage.
Les écosystèmes HOMEY ou Hubitat si vous avez déjà un hub domotique, car ils ont des intégrations pour les compteurs P1 qui fonctionnent très proprement.
Pour qui prend cette route, mon conseil est : le HomeWizard. Il fait ce qu'il doit faire, coûte peu, et une fois que vous l'avez couplé à Home Assistant ou un système similaire, vous l'oubliez pour des années.
Route 2 : Shelly Pro 3EM dans le tableau électrique
Toutes les habitations n'ont pas de port P1. Les anciens compteurs numériques en Belgique avant 2019 n'ont pas de P1, et certains compteurs de certains gestionnaires de réseau sont (volontairement) limités à une granularité plus faible. Pour ces situations, ou pour qui veut plus de précision que ce que donne le P1, un Shelly Pro 3EM ou un compteur d'énergie à pinces CT similaire dans le tableau électrique est le bon choix.
Un Shelly Pro 3EM (environ 120 €) est un appareil rail DIN que vous placez dans le tableau à côté du disjoncteur principal. Il mesure le courant sur chaque phase via des pinces que vous serrez autour des fils d'alimentation principaux (pas couper, juste serrer autour, donc pas de contact avec des pièces sous tension). Vous obtenez la mesure de puissance par phase, la puissance totale, la fréquence, la tension par phase, et les totaux cumulés. Toutes les données via API HTTP locale ou Wi-Fi vers Home Assistant.
Avertissement important : placer un Shelly dans le tableau électrique doit être fait par un électricien. Ce n'est pas un travail compliqué (une demi-heure de travail), mais ouvrir le tableau électrique et placer des pinces CT autour de conducteurs tombe sous travail électrique au sens du RGIE. Un électricien licencié coûte généralement 80 à 150 € pour l'installation, incluant la brève coupure de l'alimentation principale pendant le placement.
Avantages par rapport à la route P1 : vous obtenez la puissance par phase, ce qui est utile pour détecter des charges déséquilibrées. Vous obtenez une résolution beaucoup plus élevée que la plupart des implémentations P1 (une seconde voire plus rapide, au lieu de la mise à jour de quelques secondes de certains lecteurs P1). Et vous êtes indépendant de ce que le gestionnaire de réseau décide de faire de votre port P1 à l'avenir.
Inconvénient : il coûte plus qu'un lecteur P1 et vous avez besoin d'un électricien.
Route 3 : les pinces CT sur votre onduleur
De nombreux onduleurs modernes supportent des pinces CT optionnelles pour la mesure de consommation. Fronius a l'accessoire Smart Meter, SolarEdge a l'Energy Meter, Huawei et GoodWe ont des options similaires. À l'installation, vous pouvez demander à les faire installer en même temps ; le surcoût est généralement de 100 à 200 € pour l'appareil compteur et 50 à 100 € pour le placement.
Avantages : vos données de consommation arrivent dans le même flux que vos données de production, dans le même logiciel de monitoring, dans le même compte PVOutput. Pas de matériel séparé sur votre réseau, pas d'app séparée à installer. Pour qui est content de l'écosystème de son onduleur, c'est le chemin le plus intégré.
Inconvénients : vous êtes coincé dans le même verrouillage que votre onduleur. Si vous changez d'onduleur dans 10 ans, vous perdez votre historique de consommation (sauf si vous téléversez aussi vers PVOutput, ce qui résout à nouveau le problème). Les données sont aussi dans le cloud du fabricant et plus difficiles à exporter ou visualiser dans un autre outil. Et la granularité est généralement limitée à 5 ou 15 minutes, pas la résolution à la seconde des deux premières routes.
Mon conseil pragmatique : si vous proposez l'option pince CT marque onduleur à l'installation et que le prix vous convient, faites-le. C'est de toute façon mieux que pas de mesure de consommation du tout. Mais si vous voulez quelque chose de plus sérieux (granularité, indépendance, ou intégration avec Home Assistant), la route 1 ou la route 2 vaut la peine, aussi en complément.
Comment l'amener vers PVOutput
Une fois que vous avez une source de consommation, le téléversement vers PVOutput est la même mécanique que pour les données de production. L'endpoint addstatus.jsp de PVOutput accepte consommation (v4) et production (v1) dans le même appel. Votre script de téléversement doit assembler les deux sources de la bonne façon et envoyer le paquet ensemble.
Dans Home Assistant, c'est quelques lignes de YAML dans une automatisation : additionnez la production de votre onduleur et la consommation de votre P1 ou Shelly de la bonne façon, et envoyez. L'add-on PVOutput a des templates pour cela.
Pour les propriétaires SolarEdge avec accessoire Energy Meter : le PVOutput Auto Uploader récupère automatiquement la consommation depuis le cloud SolarEdge, sans configuration supplémentaire. C'est une des raisons pour lesquelles SolarEdge + PVOutput est un combo si populaire.
Quelques pièges courants
Quelques choses qui dans mon expérience tournent souvent mal :
Consommation contre import net. Certaines sources vous donnent la consommation domestique réelle (production + import moins export), d'autres vous donnent l'import net. Pour PVOutput, vous avez besoin de la consommation domestique réelle. Si vous transmettez l'import net, vous obtenez des valeurs négatives les jours ensoleillés et vos courbes ont l'air absurdes.
Triphasé contre monophasé. En Belgique, le monophasé 230V/40A est standard pour les habitations. Qui a du triphasé (typiquement quand il y a un chargeur VE ou une pompe à chaleur) doit veiller à ce que le compteur rapporte les trois phases ensemble, pas une seule phase. Certains compteurs à pinces CT bon marché sont monophasés uniquement.
Décalage temporel. Production et consommation doivent être sur le même horodatage. Si votre P1 fonctionne sur un fuseau horaire et votre onduleur sur un autre, vous obtenez des données qui ne correspondent pas et des calculs d'autoconsommation faux. Vérifiez cela à la configuration.
Valeurs zéro non voulues. Certains compteurs de consommation renvoient brièvement 0W lors d'un cycle de re-communication. Si ces zéros sont envoyés vers PVOutput, vous obtenez un foyer qui consomme apparemment 0W pendant des secondes, ce qui mène à des graphiques d'autoconsommation bizarres. C'est généralement un problème de template Home Assistant qu'on résout avec un filtre.
Le retour sur investissement du monitoring de consommation
Strictement économiquement parlant, le monitoring de consommation ne se rembourse pas rapidement. Un HomeWizard de 30 € plus quelques heures à mettre en place n'est pas un gros investissement, mais l'économie directe est difficile à quantifier. Vous n'obtenez pas une facture d'électricité plus basse simplement parce que vous voyez maintenant les chiffres.
Ce que fait le monitoring de consommation, c'est vous permettre de prendre des décisions qui rapportent quelque chose. Voir que votre lave-vaisselle tourne entre 19h et 21h alors que vos panneaux étaient à puissance crête à 14h, c'est de l'information. Découvrir que votre consommation en veille la nuit est anormalement élevée à cause d'un appareil oublié à la cave, c'est de l'information. Voir qu'un appareil nouvellement acheté consomme beaucoup plus que vous ne pensiez, c'est de l'information. Aucune de ces découvertes ne diminue directement votre facture, mais cumulées sur quelques années elles produisent typiquement 5 à 15 % de réduction de consommation simplement en gérant plus intelligemment ce que vous avez déjà.
Et pour qui envisage une batterie, le monitoring de consommation est en fait un préalable obligatoire. Sans données de consommation précises, vous ne pouvez pas estimer la taille qu'une batterie doit avoir, quel sera le temps de retour, ou quels décalages vous pouvez encore faire gratuitement avant d'investir dans le stockage. L'article sur les batteries domestiques va plus loin là-dessus.
Pour terminer
Pour qui n'a pas encore de monitoring de consommation et possède des panneaux solaires depuis quelques années : ça vaut la peine de passer une soirée à le mettre en place. La combinaison de données production + consommation rend tellement plus de choses possibles que chacune des deux toute seule, et le matériel pour le faire est devenu en 2026 si abordable que le seuil est vraiment bas. Pour qui envisage de nouveaux panneaux solaires : demandez à l'installation que le compteur soit posé en même temps. Cela évite plus tard un retour de l'électricien.